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Febvrier-Despointes – l'amiral énigmatique (La partie troisième)

L'amiral se méfie des renseignements d’informateurs américains indiquant qu’il y avait une voie facile vers Petropavlovsk ; selon eux, il suffisait de contourner la colline Nikolsky. Cette voie paraissait cependant raisonnable. Aussi, quand le capitaine anglais Niсholson le menace d’endosser la responsabilité de refuser ce plan assurant la victoire, l'amiral soumet ce plan au vote.
“Le capitaine de frégate de Miniac,
commandant de La Forte,
raconte la journée du quatre septembre 1854
“ Que fit-on pendant les quatre jours suivants, je n'en ai pas souvenance si ce n'est que nous étions d'assez méchante humeur. Les Anglais se livrèrent au plaisir de la chasse sur un point éloigné de la vaste baie d'Avatchka, et firent la rencontre d'Américains qui exploitaient des bois. Ils s'abouchèrent avec ces derniers qui leur racontèrent tout ce qu'ils voulurent sur la ville, sur ses moyens de défense qu'ils assuraient être presque nuls du côté du nord et finalement les amenèrent à l'amiral.
Il résulta de cette entrevue que les Anglais se mirent dans la tête d'opérer un débarquement de ce côté et une correspondance suivie s'engagea entre le capitaine Nicholson et l'amiral qui, dit-il, dans son rapport officiel du vingt-deux septembre s'opposa autant que possible à la mise à exécution de ce projet, et ne céda que lorsque le premier, dans une dernière missive, lui eut signifié que "en s'opposant à une pareille opération dont le succès était considéré par eux comme certain, il prenait la responsabilité d'une non-réussite qui pouvait porter tache au pavillon des deux nations".
Un nouveau conseil de guerre se réunit en conséquence à bord et la question de descente à terre posée par l'amiral. Les trois Anglais opinèrent par l'affirmative, le commandant La Grandière s'abstint se basant sur ce que devant commander le détachement français, il ne pensait pas convenable d'émettre un avis, Rosencoat et moi votâmes par la négative bien qu'en ait dit l'amiral dans le rapport précité. "Tous ces officiers furent d'avis que la descente devait réussir et séance tenante, etc." Voilà comment l'amiral des Pointes écrivait l'histoire tout en sachant très bien que ses trois capitaines n'avaient aucune confiance dans une telle opération et qu'ils étaient partisans de recommencer l'attaque avec les navires. L'abstention de M. de La Grandière, en effet, disait clairement qu'il partageait cette dernière opinion.
Quoi qu'il en soit la majorité avait prononcé, le débarquement fut décidé.”
[Il ne me fut pas possible de trouver le “rapport officiel de la journée du vingt-deux septembre.” - P.K.]

Le débarquement du 4 septembre est une catastrophe pour les alliés. Les récits des événements de cette journée vus par des officiers Russes, Français ou Anglais se complètent l'un l'autre quoique chacun ait exagéré le nombre et les pertes de ses adversaires. Signalons pourtant une erreur dans le rapport de Vasily Zavojko, chef de la défense Russe. Il écrit : «Les troupes de débarquement étaient suivis sur le canot par le contre-amiral français, sabre dégainé, donnant des ordres ». En réalité, il s’agissait du lieutenant de vaisseau français Bourasset, de l’Eurydice qui commandait le débarquement. Bourasset fut tué ce jour-là et enterré sur les rives de la baie de Tarja. L’amiral Febvrier Despointes fut fort affecté de cette défaite qui suivait la mort de l’Amiral Price. Ses dépêches au ministre de la Marine relatées par le Moniteur témoignent d’une certaine fantaisie :
« Le ministre de la marine et des colonies a reçu des dépêches de M. le contre-amiral Febvrier des Pointes, en date, du Kamtchatka, des 31 août et 4 septembre : « Les forces navales de la France et de l'Angleterre, réunies sous les commandements des contre-amiraux Febvrier des Pointes et Price, ont attaqué le fort Schaccoff, qui protège l'entrée du port russe de Petropolowski, ainsi que les batteries rasantes dont il est environné.
« La division navale de l'amiral russe Potiatin, composée de plusieurs frégates, 9 corvettes, portant près de 300 pièces de canon, s'est abritée dans le port et n'a pas cru devoir prendre la mer pour livrer bataille.
« A la suite d'un combat dont le feu a été admirablement dirigé, le 31 août, par les bâtiments alliés, le fort Schaccoff a cessé de répondre, les batteries rasantes ont été détruites, et plusieurs canons ont été encloués par une compagnie de soldats de marine anglais et une compagnie de matelots français mis à terre dans ce but.
« Après ce succès, la plupart des officiers des escadres alliées, cédant à un véritable entrain, ont demandé le débarquement pour marcher sur la ville même de Petropolovski, située dans le fond du port. Sept cents hommes des deux escadres ont tenté ce coup hardi; après avoir rencontré des difficultés considérables de terrain, ils ont opéré leur embarquement devant des forces infiniment supérieures, que protégeaient 80 pièces d'artillerie de gros calibre. Le rembarquement s'est effectué en bon ordre.
“ Le 6 septembre, plusieurs feux ayant été aperçus au large de l'entrée de la baie d'Avatcha, les amiraux alliés, convaincus qu'ils allaient enfin se trouver en face d'une division russe, appareillèrent pour aller à sa rencontre. Le 7, à la pointe du jour, ils aperçurent une goélette et un grand trois-mâts qui prenaient chasse. Quelques heures après, ces deux bâtiments étaient au pouvoir des alliés.
“ L'une d'eux, l'Anadir, portant deux caronades, était chargé de vivres et de bois pour Petropolovski : il a été incendié. L'autre, le Sitka, transport de guerre de 800 tonneaux, armé de 12 canons, ayant un chargement de plus d'un million et portant en outre des vivres et des munitions de guerre, a été capturé. Le Sitka conduisait à Petropolovski le gouverneur en second du Kamschatka, un colonel d'artillerie et toute une administration civile, qui ont été faits prisonniers.”
En effet,il n'y avait pas d’escadre de l'amiral Poutiatine à Petropavlovsk ; seule la frégate "l'Aurora" représentait ces “Forces infiniment supérieures, que protégeaient 80 pièces d'artillerie de gros calibre” ; l'amiral anglais Price n'était plus de ce monde le 6 septembre ; le gouverneur du Kamtchatka n’était pas à bord de la Sitka.
Dans la lettre d’un prisonnier Russe du Sitka, fonctionnaire des commissions spéciales écrite au Gouverneur du Kamchatka et trouvée sur la Forte on peut lire ces quelques réflexions de l’amiral Febvrier Despointes :
« Le général Zavojko s’est bravement défendu et il connaissait son affaire ! je regrette de n’avoir pu lui serrer la main; je ne m'attendais pas à rencontrer une pareille résistance dans une si petite place forte. ».

Après cet épisode, la division français arrive à San Francisco le trois octobre 1854. L'amiral Febvrier-Despointes s'emploie à restaurer les bonnes relations franco-américaines ternies par l’affaire du consul Dillon. Ainsi il invite la population à écouter l'orchestre de la frégate.
Il expédie le brick "l'Obligado" à Guaymas (Mexique) pour enquêter sur les circonstances de la mort du comte Raousset Boulbon. Enfin, il ouvre aux Américains les “secrets familiaux”.
“Alta Californian, Oct. 27.
ADMIRAL DESPOINTES - NATIONAL CIVILITIES
Quelques politesses, nous nous plaisons à le mentionner, ont été échangées hier entre les plus hautes autorités fédérales présentes ici et l’Amiral Français entouré de ses officiers. Aujourd’hui, le Général Wood et son Etat Major rendront visite à l’Amiral. Ils échangeront avec le plus haut représentant de la Nation françaises les politesses d’usage .
Il n’est généralement pas connu ici que l’Amiral Français commandant de la flotte qui se trouve aujourd’hui dans notre port a, de par sa naissance, des attaches américaines. De par sa propre histoire et celle de son père, il est intimement lié à la proche histoire de notre pays. Nous vous en donnons un bref aperçu obtenu tout à fait fortuitement
L’Amiral est le fils du Lieutenant-Colonel Despointes, membre de la vieille noblesse française. Comme Lafayette, son père a consacré toute sa fortune à la cause de l’Indépendance américaine. Le colonel Despointes s’est embarqué dans cette grande aventure en 1775 déjà. Il vint en Amérique à bord d’un navire armé à ses propres frais, chargé d’armes et de munitions pour les Insurgés. Durant toute la guerre, il commanda une troupe de volontaires franco-américaine et prit part à la plupart des principales batailles.
En 1793 alors que la Terreur régnait en France, le Colonel Despointes émigra en Amérique avec sa famille où il fut reçu à bras ouverts par ses anciens compagnons d’armes. L’Amiral, aujourd’hui notre hôte, naquit à Georgetown où sa sœur possède encore un domaine dont le Congrès fit don à sa famille en remerciement des services rendus pendant la Guerre d’Indépendance.
Ce que le vaillant Amiral partage de l’amitié héréditaire de sa famille avec les Etats Unis est manifeste si l’on s’en rapporte aux circonstances suivantes. Quand il fut connu que notre cité était victime de la faillite et de la fuite de Meigg et que le vapeur U.S. Active était dans l’incapacité de prendre la mer et de se lancer à sa poursuite, l’Amiral Despointe exprima ses regrets de n’avoir pas appris les faits à temps « J’aurai pu en temps utile mettre à la disposition des autorités de San Francisco un de mes vaisseaux » fut la remarque du galant vieux loup de mer qui ajouta « cela aurait pris dix minutes. Je suis très malheureux de ne l’avoir pas fait et ainsi de n’avoir pu coopérer avec vous ».
Après la mort de l’Amiral Price, l’Amiral Despointes se met en tête des forces alliées engagées contre les batteries russes. Avec courage, il prend position sous les obus de la principale d’entre elle et ouvre un feu destructeur qui les met hors de combat en un quart d’heures. Quand La Forte revint à sa position de départ, après cette rude journée, les équipages anglais montèrent dans les mâtures et ovationnèrent l’Amiral Despointes de leurs hourras, témoignage de leur admiration.
En effet, l'amiral Febvrier-Despointes avait bien une soeur aînée, Elima, la vicomtesse du Dresnay, mais en France. Pour ce qui est de son père, nous en avons parlé plus haut.
Les journalistes américains ont pris pour argent comptant les fantaisies de l'amiral malade. Les marins français se taisaient, en respectant la subordination hiérarchique.

Enfin, la frégate Forte prend la route du sud, sur la station. Le 10 décembre 1854, du port mexicain Mazatlan, le contre-amiral envoie à Paris sa démission prétextant son état de santé. Mais sa révocation avait été signé avant la réception de cette dernière; elle ne contenait aucun reproche, seulement la valeur de ses mérites. L'amiral n'a pas eu le temps de recevoir cette révocation. Le 5 mars 1855, Auguste Febvrier-Despointes est mort à bord de la “Forte”, à la veille de l'arrivée de la frégate à Callao. Seul le « New York Times » du 25 mai 1855 évoque en quelques mots la maladie qui l’emporta : « Le Contre-Amiral Despointes …est mort d’hydropisie ».
Pour nous éclairer un peu plus sur les causes de cette mort, laissons la parole au capitaine de Miniac, témoin oculaire des derniers jours de l’amiral.
Le capitaine de frégate de Miniac, commandant de La Forte, raconte la mort de l’amiral Febvrier des Pointes.
Arrivée à San Francisco le trois octobre 1854, La Forte a été réparée et rien ne semble devoir l'obliger à prolonger son séjour.
« Tout le monde sentait qu'il était temps et urgent d'aller au-devant des nouvelles de France, des ordres que ne pouvait manquer d'envoyer le Gouvernement. On eut dit que l'amiral, dont l'état s'aggravait de jour en jour, était inquiet, anxieux de l'effet produit en France par le résultat de notre triste expédition et cherchait à retarder le moment critique de la réception des courriers. Il nous fit, en effet, mouiller sans nécessité à Mazatlan et Callao. »
C'est, dans ces circonstances que l'état-major de l'amiral apprend que ce dernier aurait l'intention de mettre le cap sur Tahiti. Très préoccupé des conséquences qu'entraînerait une pareille décision que je ne pouvais qu'attribuer à l'état mental de l'amiral, conséquence de son état physique qui était des plus alarmants, je fis venir chez moi le docteur, le second et les officiers dans lesquels j'avais le plus de confiance pour leur exposer la situation. Je ne leur cachai pas que, dans mon opinion, notre chef n'avait plus toute sa lucidité d'esprit, que les idées, les intentions qu'on lui attribuait dénotaient un ramollissement du cerveau et qu'il y avait lieu de s'entendre à l'avance pour être prêts à tout événement, ne pouvant pas et ne voulant pas, pour ma part, me faire l'exécuteur d'ordres aussi insensés, aussi évidemment contraires au bien du service, d'ordres donnés par un moribond.
Tous m'assurèrent qu'ils partageaient ma manière de voir en cette circonstance, qu'ils marcheraient à ma suite et le docteur ajouta qu'il était prêt à certifier sur sa conscience et son honneur que l'amiral n'avait plus sa tête à lui. Il fut donc décidé que, le cas échéant, il serait passé outre à ses ordres.
Heureusement, il ne fut pas nécessaire d'en venir à cette extrémité. "
Le neuf Janvier 1855, La Forte quitte Acapulco pour Callao. La traversée va durer près de deux mois et le commandant, selon ses propres termes, n'eut pas à se féliciter d'avoir choisi la bordée du large.
Nous avions continuellement à lutter contre une mer dure et grosse de l'avant qui fatiguait extrêmement la frégate.
Dans ces conditions éprouvantes, le pauvre amiral baissait de jour en jour, et notre chirurgien major, M. Delaporte, ne me cachait pas qu'il n'y avait plus d'espoir à conserver, que c'était désormais une question de jours. Il ne pouvait plus se lever si ce n'est pour refaire son lit, repoussait les aliments et était d'une maigreur effrayante dans le buste, dans les parties supérieures du corps alors que celles inférieures étaient enflées si tendues comme ces bonshommes en baudruche que l'on voit dans les passages à Paris. Il était infiltré.
Il me témoignait une confiance, le pauvre homme, qui me touchait profondément et me faisait souvent appeler, même dans le délire, pour me consulter sur son état et me raconter toutes les hallucinations qui lui traversaient le cerveau. « Ne me quittez pas, mon cher commandant, je n'ai confiance qu'en vous, je suis entouré d'ennemis qui veulent ma mort. Le docteur et ce scélérat de cuisinier, qui n'en est pas a son coup d'essai à mon égard, se sont entendus pour m'empoisonner. Vous seul êtes mon protecteur et me témoignez quelque commisération. »
Je souffrais à la vue de ces tortures, de cette agonie anticipée près desquelles toute ma bonne volonté, toutes mes banales exhortations ou consolations étaient impuissantes. Heureusement qu'il avait conservé de bons sentiments à l'égard de son secrétaire Desperriers qui, il faut lui rendre cette justice, ne le quittait pas et a été d'un dévouement admirable dans cette occasion. Tout le reste lui était odieux ; jusqu'à ses braves et dévoués canotiers que j'avais exemptés de tout service pour qu'ils restassent en permanence dans la chambre du conseil prêts à toujours accourir au premier appel. Il me les dénonçait comme faisant ripaille avec les domestiques, buvant son vin, ses liqueurs et passant les nuits en orgies. Un matin même ne les accusa-t-il pas de l'avoir traîné toute la nuit, roulé à coups de pieds sur le tapis qui couvrait sa chambre ! ... Les pauvres diables qui entendaient de la pièce voisine cette épatante accusation mirent le nez à la porte pour protester et je leur dis sévèrement de se rendre aux fers, qu'ils allaient avoir affaire à moi.
Cette assurance parût faire quelque bien au pauvre malade. Il fallait dire comme lui, mais je me gardais bien de donner suite à mes menaces et envoyais ces braves gens boire un quart de vin à la cambuse.
Enfin, le cinq mars dans l'après-midi, étant en vue des côtes du Pérou, le docteur vint me prévenir qu'il était à ses derniers moments et nous nous rendîmes en grand nombre auprès du mourant où nous trouvâmes l'aumônier qui lui administrait les derniers sacrements.
Il expira à quatre heures cinquante-cinq de l'après-midi.
Le six, nous donnions dans la baie de Callao où se trouvait la frégate L'Alceste ; commandée par M. le capitaine de vaisseau Le Guillou Penanros, mon ancien second de La Naïade. Il arriva aussitôt après le mouillage, fut bien surpris et surtout bien affligé de la triste nouvelle que j'avais à lui apprendre. Je voulus lui remettre aussitôt le commandement supérieur qui lui revenait de droit. Mais il refusa de le prendre tant que le pavillon de l'amiral resterait arboré et les règlements veulent que ce soit jusqu'après l'inhumation. Je restai donc chargé de procéder à toutes les formalités et dispositions que comporte cette funèbre cérémonie.
Elle fut digne et solennelle et le convoi fut des plus imposants, tous les capitaines et officiers des nombreux navires sur rade, à quelque nation qu'ils appartinssent, ayant tenu à honneur de nous assister dans cette douloureuse circonstance. Le corps était déposé dans le canot de l'amiral, richement décoré à cet effet, et remorqué par trois embarcations de La Forte. Je suivais immédiatement dans mon canot avec ses aides de camp, son neveu et son secrétaire. Nous étions sa famille militaire à défaut d'autre. À l'arrivée à terre, le corps fut reçu par toutes les autorités péruviennes en grand uniforme et toute la garnison du Callao sous les armes. Un train du chemin de fer que j'avais arrêté à l'avance nous attendait sous pression et reçut toutes les personnes qui voulurent se joindre à nous, avec un magnifique détachement composé des plus beaux hommes et de l'élite de l'équipage de La Forte.
À Lima, les choses furent à l'avenant. Une messe solennelle d'enterrement fut célébrée à la cathédrale en présence des autorités du pays, de tous les membres de la légation française, de la majeure partie du corps diplomatique et de tous nos nationaux. On se rendit ensuite en grande pompe au Panthéon où le cercueil fut déposé et scellé devant nous dans un des compartiments préparé à cet effet.
Au retour à bord, le pavillon amiral fut amené et L'Alceste hissa le guidon de commandement. Mais cette frégate ne tarda pas à mettre à la voile me laissant seul à attendre l'arrivée du contre-amiral Fourichon, qui était désigné pour succéder à M. des Pointes.
C'était purement et simplement une révocation, car la demande de retour en France de ce dernier, adressée de Mazatlan à la date du dix décembre et basée sur son état de santé, n'avait pas pu arriver en temps utile à Paris.
M. Fourichon arriva le vingt-cinq mars... »
Certains historiens ont prétendu que l’Amiral Febvrier Despointes s’était suicidé. Le témoignage de première main du Capitaine de Miniac infirme sans appel cette version.

Aujourd’hui, l’emplacement de la tombe de l’Amiral Price n’a toujours pas été retrouvé et si nous nous en référons au «Courier» de Hobart de juillet 1855, l’Amiral Febvrier Despointes serait enterré à Lima en terre péruvienne. Il n’en est rien. En novembre 1856, son cercueil allait enfin reposer en terre bretonne.
Nous lisons dans le Panama Star :
Mort du Chef de l’Escadre Française dans le Pacifique. La frégate La Forte, 60 canons,est arrivée à Callao le six mars avec, à bord, le corps de l’Amiral Des Pointes, chef de l’escadre française du Pacifique mort à bord trente heures avant qu’il n’atteigne le port. Les funérailles grandioses ont eu lieu le 10. Notre correspondant nous en donne le compte-rendu suivant :
De bonne heure, des marins des vaisseaux de guerre L’Alceste et La Forte ainsi que cinquante hommes des troupes de Marine de la frégate de Sa Majesté Président et quatre vingt soldats péruviens - En tout trois cent hommes - formaient une garde d’honneur sur le quai où une grande foule était assemblée pour suivre l’événement.
A 10 heures les puissantes détonations des canons de La Forte annonçaient le départ du convoi mortuaire. Les vaisseaux de guerre Anglais à droite, les vaisseaux de guerre Français à gauche encadraient un grand canot à seize rames remorquant le petit canot du commandant. Sur le grand canot, la dépouille de l’Amiral. Les embarcations de la frégate péruvienne Amazon fermaient le convoi.
Les rues étaient bordées par les marins français et Anglais les armes retournées. A l’église où avait lieu la cérémonie, le porche était bordé d’un crèpe surmonté de l’aigle Français à la droite duquel on lisait le mot « Angleterre » et sur sa gauche « France » en grandes lettres. Après la cérémonie religieuse le convoi funèbre se rendit à la gare . Là, le cercueil fut mis sur un wagon aux couleurs de la France pour être convoyé jusqu’à Lima (la plupart des officiers et des marins l’accompagnait), les troupes de marine tirant deux volées au moment du départ du train.
A l’arrivée du train à Lima, le convoi fut rejoint par deux escadrons de cavalerie et un grand corps d’infanterie Musique en tête commandés par un officier général. Ils l’accompagnèrent jusqu’à sa dernière demeure.

En fait, quelques mois plus tard, la dépouille mortelle d’Auguste retrouvait la terre française et, le 11 novembre 1856, ses obsèques solennelles eurent lieu à Lorient en Bretagne.
Devant sa tombe, au cimetière de Carnel, le préfet maritime loua « la haute valeur militaire du contre-amiral et les exceptionnels états de service de ce grand serviteur de la France. »

Au Cimetière de Carnel à Lorient -Carre 29 - Tombe n° 4 vous pouvez lire l’épitaphe suivante :
Auguste Febvrier de Poligny Des Pointes
Contre-amiral
1796-1855
Grand officier de la Légion d'honneur
Commandeur de 1re classe de Saint-Grégoire
Chevalier des ordres de Charles III,
de Saint-Jean de Jérusalem et du Christ
Commandant les stations des mers du Sud et de l'Indochine

Le château de Kerbastic appartient toujours à la famille de Polignac. C'est maintenant un hôtel luxueux, où l’on peut toujours voir les copies des portraits d’Auguste Febvrier-Despointes et de sa femme.

Voici tout que j’ai appris sur Auguste Febvrier-Despointes, agresseur malchanceux de Petropavlovski, amiral infatigable, romantique et … rêveur !

Tous mes remerciements aux personnes, qui m’ont aidé avec désintéressement dans mes recherches sur la vie de cet amiral :
MM
Alain Le Sage, petit-neveu du l’amiral Febvrier-Despointes ;
Hervé de Miniac, petit-neveu du Capitaine de Frégate de Miniac ;
Tugdual de Kerros, écrivain et historien , correcteur de mon texte ;
François Hau, Chef de Réception du château de Kerbastic à Guidel ;
Joël Daniel, Président de l'association Histoire et Patrimoine de Guidel.

FIN

Correction du 30.10.2010
T. de KERROS

P.S. Перечень благодарностей во французской редакции не полон: людей, кому я признателен и без чьей бескорыстной помощи я бы не обошелся, много больше. Игорь Николаевич Куприянчик из Детройта, Наталья Евгеньевна Горбаневская из Парижа, Марат Самигуллович Гайнуллин из Таллинна, Юлия Львовна Лёвина из Сиднея, Юрий Юрьевич Завражный из Вилючинска… Низкий всем поклон!
П. Калмыков.
Tags: l'amiral despointes, Адмиралы, История, Камчатка
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